La nomenclature Dintilhac expliquée

Préjudice corporel · Évry-Courcouronnes

La nomenclature Dintilhac expliquée

La nomenclature Dintilhac est la liste de référence des postes de préjudice corporel. Elle recense tout ce que vous pouvez faire réparer après un accident ou une agression, sans fixer aucun montant. Ce guide l’explique simplement, tableau à l’appui, et montre comment Maître Bahie Soukouna, avocate au barreau de l’Essonne, s’en sert pour passer en revue chaque poste.

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Qu’est-ce que la nomenclature Dintilhac ?


La nomenclature Dintilhac est la liste des postes de préjudice qu’une victime de dommages corporels peut faire indemniser. Elle est issue d’un rapport remis en 2005 par un groupe de travail présidé par Jean-Pierre Dintilhac.

Chaque poste correspond à une conséquence précise de l’accident : une dépense, une perte de revenus, une douleur, une gêne dans la vie quotidienne.

Ce document n’est pas un texte de loi. Il s’est pourtant imposé dans la pratique : la nomenclature est devenue la grille de référence des juges, des assureurs et des fonds d’indemnisation. Tous parlent la même langue, celle des postes Dintilhac. On la retrouve dans les dossiers d’accident de la route, d’agression, d’accident médical ou d’accident de la vie.

Elle sert l’objectif de réparation intégrale : tenir compte de tout ce que les faits ont changé pour vous, sans rien laisser de côté. Pour y parvenir, il faut d’abord savoir précisément ce qui a été perdu.

La nomenclature poursuit trois objectifs :

  • Lister tous les préjudices possibles, pour qu’aucun ne soit oublié.
  • Évaluer chaque préjudice séparément, plutôt qu’une somme globale difficile à discuter.
  • Uniformiser la réparation, pour que deux personnes placées dans une situation comparable soient traitées selon la même grille.

Pour vous, la conséquence est très concrète. Les préjudices subis doivent être identifiés, prouvés, puis chiffrés un à un. Un poste qui n’est pas demandé risque de ne pas être indemnisé.

Existe-t-il une nomenclature Dintilhac 2026 ? Non : la nomenclature n’a pas de version annuelle. La grille date du rapport de 2005 et reste utilisée telle quelle. Ne confondez pas la nomenclature, qui liste les postes, avec les référentiels qui servent à les chiffrer : ce sont deux outils différents, présentés plus bas.

Comment la nomenclature classe-t-elle les préjudices ?


Ce que l’on appelle parfois les « trois types de préjudices » correspond en réalité aux trois critères que la nomenclature croise pour ranger chaque préjudice. Elle ne retient pas une typologie unique en trois catégories, mais trois questions successives.

  • Qui subit le dommage ? La victime directe, celle qui a été blessée, et son entourage, qui subit un dommage propre. La nomenclature appelle ces derniers les victimes indirectes.
  • Quelle est sa nature ? Les préjudices patrimoniaux touchent votre patrimoine : soins payés, pertes de revenus, coûts d’aménagement. Les préjudices extrapatrimoniaux touchent la personne elle-même : douleur, atteinte au corps, apparence, intimité.
  • Quand est-il subi ? Les préjudices temporaires couvrent la période avant consolidation. Le préjudice permanent, lui, demeure ensuite.

En croisant ces trois critères, tout trouve sa place. Le tableau ci-dessous résume la liste complète, sans aucun montant : la nomenclature dit quoi indemniser, pas combien.

Victime et périodePréjudices patrimoniaux (économiques)Préjudices extrapatrimoniaux (personnels)
Victime directe : préjudices temporairesDépenses de santé actuelles · frais divers · pertes de gains professionnels actuelsDéficit fonctionnel temporaire · souffrances endurées · préjudice esthétique temporaire
Victime directe : préjudices définitifs (après consolidation)Dépenses de santé futures · pertes de gains professionnels futurs · incidence professionnelle · tierce personne · logement et véhicule adaptés · préjudice scolaire, universitaire ou de formationDéficit fonctionnel permanent · préjudice d’agrément · préjudice esthétique permanent · préjudice sexuel · préjudice d’établissement · pathologies évolutives · préjudices permanents exceptionnels
Victimes indirectes (famille, entourage)Pertes de revenus des proches · frais d’obsèques · frais divers des prochesPréjudice d’affection · préjudice d’accompagnement

Préjudices temporaires et permanents : le rôle de la consolidation

La consolidation est le moment où les lésions se fixent et deviennent définitives. Un traitement n’est alors plus nécessaire, sauf pour éviter une aggravation. Ce n’est pas la guérison : on peut être consolidé tout en gardant des séquelles.

C’est le médecin expert qui fixe cette date. Elle sert de frontière entre les deux périodes. Avant consolidation, vous pouvez obtenir des provisions, c’est-à-dire des avances sur votre indemnisation. Après consolidation, les séquelles définitives peuvent enfin être évaluées.

Bon à savoir : l’action en réparation d’un dommage corporel se prescrit par 10 ans à compter de la consolidation. Si votre état s’aggrave ensuite, une nouvelle indemnisation reste possible, à condition de prouver le lien avec l’accident.

Les préjudices patrimoniaux de la victime directe


Les préjudices patrimoniaux regroupent toutes les conséquences économiques du dommage. Ils se prouvent par des pièces : factures, bulletins de salaire, avis d’imposition, devis d’aménagement. Voici la liste des postes, chacun défini en une phrase.

  • Dépenses de santé actuelles et futures : les frais médicaux, d’hospitalisation, de pharmacie ou d’appareillage restés à votre charge, pendant les soins puis pour l’avenir.
  • Frais divers : les autres coûts liés à l’accident, notamment les honoraires du médecin-conseil, le médecin de votre choix qui vous assiste lors de l’examen, et les frais de déplacement liés aux soins et aux expertises.
  • Pertes de gains professionnels actuels et futurs : les revenus perdus pendant l’arrêt de travail, puis ceux que les séquelles vous empêchent de percevoir à l’avenir.
  • Incidence professionnelle : les répercussions des séquelles sur votre carrière, même sans baisse immédiate de salaire. Fatigue accrue, reconversion imposée, emploi plus pénible ou droits à la retraite réduits en font partie.
  • Assistance par tierce personne : l’aide d’un proche ou d’un professionnel pour les gestes du quotidien, comme la toilette, les repas ou les déplacements.
  • Frais de logement adapté : l’aménagement de votre domicile, voire un déménagement, quand vos séquelles l’imposent.
  • Frais de véhicule adapté : l’adaptation d’une voiture, ou son surcoût, pour continuer à vous déplacer.
  • Préjudice scolaire, universitaire ou de formation : le retard pris dans les études, une année perdue ou une orientation à laquelle il faut renoncer.

Le recours à une tierce personne est indemnisé selon votre besoin, même lorsque l’aide est apportée bénévolement par un proche. C’est la jurisprudence constante de la Cour de cassation : l’indemnité ne peut être réduite au motif que l’aide est familiale.

Ces postes économiques se préparent avant le rendez-vous avec l’expert, pièces à l’appui. Décrivez précisément l’aide reçue au quotidien et les effets des séquelles sur votre travail. Conservez chaque facture et chaque ticket dès les premiers jours : ces justificatifs sont difficiles à reconstituer des mois plus tard.

Un doute sur les postes retenus dans votre dossier ?

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Les préjudices extrapatrimoniaux : souffrances, déficit, agrément


Les préjudices extrapatrimoniaux réparent ce qui touche la personne elle-même : la douleur, l’atteinte au corps, la perte de qualité de vie. Ils n’ont pas de facture. Ils sont décrits par l’expert, puis traduits en indemnisation.

Pour les évaluer, l’expert s’appuie sur l’examen clinique, sur vos pièces et sur votre récit. Décrivez avec précision ce qui a changé dans votre quotidien : sommeil, sorties, sport, gestes simples, relations avec l’entourage.

  • Déficit fonctionnel temporaire : la gêne dans les actes de la vie courante entre l’accident et la consolidation, par exemple pendant une hospitalisation ou une immobilisation.
  • Souffrances endurées : les douleurs physiques et psychiques ressenties avant la stabilisation de votre état.
  • Déficit fonctionnel permanent : les séquelles définitives, physiques et psychiques, qui pèsent sur votre quotidien.
  • Préjudice d’agrément : l’impossibilité de pratiquer comme avant une activité sportive ou de loisir.
  • Préjudices esthétiques : l’altération temporaire de votre apparence pendant les soins, puis les séquelles visibles qui demeurent, comme une cicatrice ou une boiterie.
  • Préjudice sexuel : l’atteinte à la sexualité, qu’elle soit physique, liée au plaisir ou à la possibilité d’avoir des enfants.
  • Préjudice d’établissement : la perte d’espoir de réaliser un projet de vie familiale, comme fonder une famille.
  • Préjudices liés à des pathologies évolutives : l’inquiétude liée à une maladie dont l’évolution reste incertaine.
  • Préjudices permanents exceptionnels : une atteinte atypique, d’une gravité particulière, qu’aucune autre rubrique ne couvre.

Souffrances endurées et préjudice esthétique : l’échelle de 1 à 7

L’expert cote les souffrances endurées et l’atteinte à l’apparence sur une échelle de 1 à 7. Plus la cote est élevée, plus le préjudice subi est important. Cette cote n’est pas un montant : elle sert de base à la discussion du chiffrage. Le guide consacré aux souffrances endurées cotées de 1 à 7 détaille la méthode de l’expert.

Déficit fonctionnel permanent : un pourcentage fixé par l’expert

Ce poste, désigné par le sigle DFP, a remplacé l’ancienne AIPP (atteinte à l’intégrité physique et psychique). Il mesure ce qui subsiste de cette atteinte une fois l’état stabilisé. L’expert l’exprime en pourcentage, à l’aide d’un barème médical.

Ce pourcentage n’est pas une somme d’argent. Il est ensuite chiffré à l’aide de référentiels indicatifs, qui ne lient pas le juge. Chaque dossier est unique : aucun chiffre type n’a de sens sans examen de votre situation.

Les victimes indirectes : l’indemnisation des proches


Les proches d’une victime décédée ou gravement blessée obtiennent réparation de leur propre préjudice. On parle aussi de victimes par ricochet. Ils ne demandent pas l’indemnisation du blessé à sa place : ils font valoir les postes qui leur sont propres.

  • Préjudice d’affection : la douleur morale de perdre un proche ou de le voir gravement atteint.
  • Préjudice d’accompagnement : le bouleversement de l’existence de ceux qui ont soutenu le défunt jusqu’à son décès.
  • Pertes de revenus des proches : la baisse des ressources du foyer après un décès, ou lorsqu’un proche réduit son activité pour s’occuper du blessé.
  • Frais d’obsèques : le coût des funérailles en cas de décès.
  • Frais divers des proches : par exemple les trajets et l’hébergement pour rester présent auprès du blessé.

Un guide dédié à l’indemnisation du préjudice d’affection le détaille. Retenez que ces dommages sont distincts de ceux du blessé : chaque proche les fait valoir pour lui-même, avec ses propres justificatifs.

À quoi sert la nomenclature dans votre dossier d’indemnisation ?


Il n’existe pas de grille officielle qui donnerait un montant pour chaque préjudice corporel. La nomenclature liste les postes, elle ne fixe aucun montant.

Le chiffrage s’appuie ensuite sur des référentiels indicatifs : le référentiel des cours d’appel dit « Mornet » et celui de l’Office national d’indemnisation des accidents médicaux (ONIAM).

S’y ajoutent des barèmes de capitalisation, qui servent à chiffrer les préjudices futurs, comme des frais de soins ou un manque à gagner à venir. Ces outils ne lient pas le juge.

Concrètement, la nomenclature Dintilhac intervient à trois moments de votre dossier.

Pendant l’expertise médicale. L’expert se prononce poste par poste. Son rapport décrit chaque atteinte : durée de la gêne temporaire, cotation des douleurs, DFP, besoin d’aide humaine.

Face à l’assureur ou au fonds. L’offre devrait reprendre chaque poste. Un poste absent de l’offre est un signal d’alerte, qui justifie de vérifier si elle est juste et équitable.

Devant le juge. En cas de désaccord, le tribunal évalue lui aussi les préjudices subis selon la même grille, après une expertise judiciaire si nécessaire.

La nomenclature sert aussi hors de tout litige. Les contrats de garantie accidents de la vie (GAV) peuvent renvoyer à ses postes, selon leurs propres conditions. Lisez votre contrat avec cette grille en tête.

En pratique, il faut préparer le dossier avant l’examen médical : comptes rendus, certificats, arrêts de travail, factures et justificatifs, attestations de l’entourage sur votre quotidien. Il faut aussi vérifier que rien n’a été oublié, ni par l’expert, ni dans l’offre.

Lors de l’examen, vous pouvez vous faire assister d’un médecin-conseil de votre choix et de votre avocat. En cas de désaccord avec les conclusions, une contre-expertise ou une expertise judiciaire restent possibles. La grille a toutefois une limite : elle ne vaut que pour les préjudices prouvés.

Faire valoir tous vos postes de préjudice : l’accompagnement du cabinet


Maître Soukouna préfère le dire clairement : un avocat n’est pas obligatoire face à l’assureur, devant la commission d’indemnisation des victimes d’infractions (CIVI) ou devant la commission de conciliation et d’indemnisation (CCI).

Ce que change l’intervention d’un avocat, c’est l’équilibre : en face, l’assureur ou le fonds est un professionnel de l’indemnisation.

L’avocate prépare l’examen avec vous et vérifie que chaque poste de la nomenclature est bien examiné. Elle repère les postes oubliés, défend votre lecture des séquelles et conteste une offre qui ne paraît pas juste.

Elle vous explique aussi le rôle du médecin-conseil et l’intérêt d’en être assisté. Pour le rendez-vous avec l’expert, voyez la page sur l’assistance à l’expertise médicale.

Avocate de culture pénale, Maître Soukouna connaît le procès pénal de l’intérieur : constitution de partie civile, audience correctionnelle, cour d’assises. Quand l’auteur des faits est poursuivi, les postes de préjudice se discutent à l’audience. Cette double expérience, aux côtés de la défense comme des parties civiles, sert directement votre dossier.

Le déroulé reste simple. Après un premier appel, un rendez-vous à Évry-Courcouronnes permet d’examiner vos pièces et de dresser la liste des postes à défendre. Une convention d’honoraires vous est ensuite envoyée par e-mail.

Viennent la préparation de l’examen, la discussion avec l’assureur ou le fonds, une audience si nécessaire, puis l’exécution de la décision. Chaque étape se fait avec écoute, rigueur et disponibilité.

Le cabinet reçoit à Évry-Courcouronnes et intervient dans toute l’Essonne. Les honoraires font l’objet d’une convention, avec un paiement échelonné possible et la protection juridique de votre assurance acceptée. Pour une vue d’ensemble de ce pôle, consultez la page avocat en dommage corporel à Évry.

Questions fréquentes sur la nomenclature Dintilhac


Quelle est la nomenclature Dintilhac pour 2026 ?

Aucune édition 2026 n’existe. La liste des postes reste celle du rapport rendu en 2005 par le groupe de travail de Jean-Pierre Dintilhac, sans mise à jour annuelle. Sans valeur de loi, elle demeure l’outil commun des tribunaux, des compagnies d’assurance et des fonds.

Quel est le barème DFP pour 2026 ?

Aucun barème officiel ne convertit chaque année un DFP en somme d’argent. L’expert traduit les séquelles définitives en un pourcentage, au moyen d’un barème médical. La valeur de ce pourcentage se discute ensuite au regard de référentiels indicatifs, tels que le « Mornet » ou celui de l’ONIAM, dont le juge peut s’écarter. Votre situation propre reste déterminante.

Où trouver la nomenclature Dintilhac en tableau ou en PDF ?

Le texte du rapport de 2005 est accessible en ligne, publié par les pouvoirs publics. Sur cette page, le tableau de la deuxième partie réunit tous les postes, rangés selon la victime concernée, leur nature et leur période. Il vous permet de contrôler votre dossier ligne par ligne.

La nomenclature Dintilhac s’impose-t-elle au juge ?

Non, elle n’a pas la force d’un texte de loi. Elle sert d’outil commun au juge, aux assureurs et aux fonds, tandis que les référentiels de chiffrage n’ont qu’une valeur indicative. Comme le résume Maître Soukouna, l’indemnisation est fixée « en fonction des barèmes établis et de la nomenclature Dintilhac ».

Faut-il un avocat pour faire valoir ses postes de préjudice ?

Ce n’est pas une obligation : vous pouvez traiter seul avec l’assureur, la CIVI ou la CCI. Le recours à un avocat rééquilibre toutefois la discussion : examen préparé, postes oubliés repérés, offre contestée si elle n’est pas équitable. Première consultation gratuite au cabinet ; paiement échelonné ou protection juridique possibles.

Faites le point sur vos postes de préjudice à Évry-Courcouronnes

5 boulevard de l’Europe, 91000 Évry-Courcouronnes · du lundi au vendredi, 10 h – 19 h · ligne d’urgence 07 56 92 30 60, joignable 24 h/24.

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