Vice de procédure : comparution immédiate

Le guide · Vices de procédure

Vice de procédure : la comparution immédiate

La rapidité de la procédure ne dispense d’aucune des garanties qui l’encadrent.

Ce que la loi impose

Les articles 393 à 397-6 du code de procédure pénale organisent le défèrement puis le jugement. Avant sa présentation au procureur, la personne doit pouvoir s’entretenir avec un avocat, lequel doit avoir eu accès au dossier de la procédure.

À l’audience, le tribunal doit constater que le prévenu a été informé de son droit de demander un délai pour préparer sa défense, et recueillir son consentement à être jugé sur-le-champ. Cette mention n’est pas une formalité : son absence vicie le jugement.

Le temps compte également : le délai entre la fin de la garde à vue et la présentation au magistrat est encadré, et son dépassement peut entraîner la remise en liberté.

Les irrégularités les plus fréquentes

  • Le consentement à être jugé immédiatement non recueilli, ou absent des mentions du jugement.
  • L’entretien avec l’avocat non organisé avant la présentation au parquet.
  • Un dossier non communiqué à la défense en temps utile.
  • Le délai de présentation dépassé après la fin de la garde à vue.
  • L’information sur le droit au renvoi délivrée de manière purement formelle.

Illustration

Un prévenu est jugé le soir même de la fin de sa garde à vue. Le jugement ne porte aucune mention de l’information relative au droit de demander un délai, ni du consentement du prévenu à être jugé immédiatement. La garantie essentielle du procès équitable n’est pas établie : le jugement encourt l’annulation.

La sanction : la nullité

L’irrégularité conduit à l’annulation du jugement. L’affaire est alors rejugée, cette fois avec le temps nécessaire à la préparation de la défense.

Ce délai retrouvé change souvent l’issue : pièces produites, garanties de représentation constituées, projet d’aménagement présenté.

À quel moment soulever la nullité ?

Ici, tout se joue vite. Les irrégularités doivent être relevées dès l’audience, avant toute défense au fond, ou soulevées à l’occasion de l’appel du jugement — dont le délai est de dix jours. C’est la raison pour laquelle un avocat doit être saisi dès le défèrement, et non après le jugement.

Questions fréquentes

Puis-je refuser d’être jugé le jour même ?

Oui. Vous pouvez demander un délai pour préparer votre défense ; le tribunal doit alors renvoyer l’affaire. Votre consentement à un jugement immédiat doit être recueilli et mentionné.

Que se passe-t-il si je demande un renvoi ?

L’affaire est renvoyée à une audience ultérieure. Le tribunal statue alors sur votre situation dans l’intervalle : contrôle judiciaire ou, plus rarement, détention provisoire.

Le délai d’appel est-il vraiment de dix jours ?

Oui, dix jours à compter du prononcé du jugement. Ce délai est bref et court même si vous êtes incarcéré : la déclaration d’appel doit être faite sans attendre.

Faire examiner votre procédure

Les nullités se soulèvent dans des délais stricts. Première consultation gratuite au cabinet.

Barreau de l’Essonne · Cour d’appel de Paris